lundi 4 juin 2007
MON DERNIER CHEVEU NOIR avec quelques conseils aux anciens jeunes - JEAN-LOUIS FOURNIER
Je regarde une vieille photo.
J'étais pas mal, avant.
Pourquoi, chaque année, je me trouve de moins en moins bien?
Peut-être parce que c'est l'hiver?
Si vous passez l'hiver, vous verrez : l'été, c'est pareil.
Vous savez comment on s'aperçoit qu'on est vieux? Quand, même bronzé, on reste moche.
Mon dernier cheveu noir avec quelques conseils aux anciens jeunes, Jean-Louis Fournier
Editions Poche, 221 Pages, Mai 2007 ( Edité chez Anne Carrière en Janvier 2006)
Lire " La vieillesse, le corps et l'esprit qui fatiguent, la mort qui approche sont autant de sujets difficiles à traiter, surtout quand l'on est directement concerné. Pourtant Jean-Louis Fournier parvient à en parler d'une façon incroyable : il mise tout sur l'humour. Ce n'est pas qu'il se détache de son sujet mais qu'il le traite d'une façon inédite qui nous séduit. L'auteur ne cherche pas à embellir la réalité, il la décrit telle qu'il la voit, telle qu'il la vit. C'est dur de vieillir, mais si l'on a bien rempli sa vie on se fait une raison non? Et si en plus on apprend à en tirer parti c'est encore mieux, jamais Jean-Louis Fournier ne s'apitoie sur son sort, même s'il préférerait rester jeune....Il est toujours aussi désopilant, fidèle à ses écrits précédents. Il donne une bonne leçon d'humilité à ses lecteurs, les " anciens jeunes " comme il les appelle mais également aux jeunes actuels histoire de savoir à quoi s'attendre. Chacun en prend pour son grade !. (....) En tout cas chapeau bas Monsieur Fournier; et ce n'est pas le respect du à votre âgeq qui nous fait parler."
Jean-Louis Fournier décrit avec beaucoup d'humour la vieillesse....il y a beaucoup de réflexions, ses propres réflexions sur le fait de se voir vieillir mais aussi celles des autres, ceux qui nous voient vieillir et qui pourraient dire " j'ai appris que vous aviez un an de plus, je voulais vous dire que je suis de tout coeur avec vous."
Lui aime a penser " consultez votre médecin avec modération. Sachez qu'à force de chercher il va finir par trouver quelque chose."
" Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort....je crains que ce soit héréditaire."
" De radiguet, écrivain mort à vingt ans Cocteau a dit : "la première fois que je l'ai vu, j'ai compris qu'il nous était prêté et qu'il allait falloir le rendre." de moi, on pourra dire : " la première fois qu'on l'a vu, on a tout de suite compris qu'on ne pourrait pas le rendre et qu'il allait falloir se le garder un bon moment."
Tout le livre est fait de petits textes très drôles qui nous réconcilie avec la peur de vieillir.
vendredi 1 juin 2007
UN ABRI EN CE MONDE - MARY MCGARRY MORRIS
Après une peine de vingt-cinq ans de prison pour meurtre, Gordon Loomis rentre chez lui, dans son ancien quartier devenu le repaire des laissés-pour-compte. Pour l'entourer dans ses premiers instants de liberté, il retrouve son frère. Très vite, Dennis veut le meilleur pour Gordon : travail, relations, sorties....Trop vite : Delores, amie de longue date, l'étouffe sous ses prévenances; Jada, sa voisine de 13 ans, lui donne plus d'ennuis que de réconfort.
Après tant d'années passées derrière les barreaux, Gordon n'aspire qu'à une chose, être enfin seul. Mais il va rapidement apprendre que le monde est à peine moins redoutable que l'univers carcéral....
Un abri en ce monde, Mary McGarry Morris
Editions Pocket, 503 Pages, Avril 2007( édité chez Belfond en Mai 2005)
( Traduit de l'Américain par Annick Le Goyat )
Roman Contemporain.
Après vingt-cinq ans de prison, un homme Gordon Loomis tente de trouver sa place dans la société. Un roman poignant et sans complaisance de l'Amérique, une critique sombre mais juste de la société ( drogue, violence et solitude urbaines ). Le style est fondé sur d'abondants dialogues, rendus efficaces par le talent de d'écriture de l'auteur. Un roman dans la veine de Mélodie du temps ordinaire livre qui a apporté à Mary McGarry Morris la consécration tant auprès de la critique que du public.
L'Express " Il y a une terrible fatalité de la défaite dans ce récit d'une impossible métamorphose, où Marry McGarry Morris se penche sur Gordon Loomis avec une compassion admirable, avantde lui offrir sa part de rédemption, si fragile soit-elle. Elle y ajoute une peinture féroce de cette Amérique tartuffière et bien pensante dont le héros a été protégé pendant sa longue détention."
Lire " (....) Un abri en ce monde reprend les ingrédients du roman noir par la tension des personnages, l'impression d'étouffement qui enserre Gordon Loomis refusant qu'on le débarrasse de sa culpabilité comme on le ferait d'un vieux manteau fatigué. (....) Loomis avec sa gaucherie, sa peur panique, sa malchance chronique, est un personnage magnifique, loin du héros positif qui rassure en provoquant une reposante empathie. Et il fallait avoir un sacré-culot pour oser mettre au premier plan un type ni beau, ni teigneux, ni sympathique; un taiseux un peu trouillard qui porte cinq cents pages sur ses épaules de grand pataud et nous donne le précieux plaisir de lire un chef-d'oeuvre."
Madame Figaro " Drôle. Bouleversant. Magnifique. Et même plus que ça. Ce livre ne vous quittera jamais."
BONNE FETE A TOUTES LES MAMANS DU MONDE
Lorsque ma soeur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front, tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.
Puis, comme un vent d'été confond les fraîches
ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.
Et pendant bien longtemps, nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : ô chers petits!
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !
Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.
Théodore de Banville.

