vendredi 31 août 2007
LA FILLE SANS QUALITES - JULI ZEH
Au début des années 2000, dans un lycée allemand de la dernière chance, le jeu pervers de deux élèves s'est terminé dans un bain de sang. L'avocate à laquelle on confie l'affaire est bouleversée, tant elle a du mal à juger cet acte. Elle entreprend alors d'écrire l'histoire des trois protagonistes, leur rencontre, les prémices du jeu, son déroulement jusqu'à l'irruption de la violence.
Ada (quatorze ans) et Alev (dix-huit ans) sont nés pendant la guerre du Golfe ; ils étaient enfants pendant la guerre des Balkanset au moment du 11 Septembre. Les images du conflit en Irak ainsi que celles de l'attaque terroriste de Madrid ont accompagné leur adolescence. Cantonnés dans leur monde de confort, leurs parents ignorent tout de ce qui se passe dans l'esprit de leurs enfants - terrain d'exploration de la romancière. Leur attirance pour les jeux de rôle, les drogues, une musique apocalyptique et des comportements maléfiques, d'où vient-elle ?
Ada enfant autoproclamé du nihilisme, se désigne elle-même comme un "prototype" incarnant l'air du temps, une
"fille sans qualités", sans identité, et qui ne cherche qu'à se comporter avec la plus grande efficacité possible.
La fille sans qualités, Juli Zeh
Editions Actes Sud, 466 Pages, Mai 2007
(Traduit de l'Allemand par Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus)
Roman Contemporain.
Ce roman ambitieux et parfaitement maîtrisé sur la détresse d'une certaine jeunesse a immédiatement propulsé son auteur sur le devant de la scène littéraire allemande.
Les inrokuptibles (Raphaëlle Leyrus) : " Le roman étonnant, virtuose de Juli Zeh distille une impression de malaise. Ce que dit cette ancienne avocate ( devenue professeurde lettres) à l'agilité intellectuelle bluffante, c'est que, dans les esprits de cette génération allemande (et occidentale), la raison a triomphé pour de bon, qu'elle ne trouve plus, en l'individu, un adversaire..."
Evelyne Bloch-Dano (Journaliste) : " Un lycée pour enfants en échec. Ada surdouée de 14 ans, traîne son ennui. Quand Alev pénètre dans l'univers morne de l'école, quelque chose change en elle. Le garçon l'entraîne dans un jeu pervers destiné à perdre l'un de leur professeur venu de Pologne. A travers ce récit, Juli Zeh dresse un tableau terrifiant des enfants du 11 Septembre et d'internet. Sans désir, sans plaisir, sans valeurs, habitants de la planète No-Thing - le vide -, ils sont les héritiers postmodernes d'un nihilisme sans but. Ada se veut un prototype, "la fille sans qualités". Ce roman se dévore comme un thriller tout en faisant réfléchir à ces enfants perdus qui pourraient être les nôtres."
Evène ( une des critiques qui me donne l'envie de lire ce livre) ( Faustine Amoré) :
"Les démons fascinent bien davantage que les entités diaboliques : il
fallait la maestria d’une Juli Zeh pour dédiaboliser ce constat. Qui
n’a guère éprouvé une once de fascination morbide à tenter de
comprendre les motivations de tueurs de masse de Columbine, Virginia
Tech, ou encore Erfurt en Allemagne ? L’ancienne avocate décortique
avec une attention clinique le cas d’Ada, 14 ans, dont la maturité et
l’intelligence supérieure trouve son pendant chez l’énigmatique Alev.
Avec lui, cette jeune fille dépassée par l’absurdité de la vie,
profondément nihiliste, pourra se laisser aller à sa haine de la
société. Et à sa folie diabolique. Crise d’adolescence ? Cri d’une
génération sans avenir ?
Juli Zeh dépasse ses clichés pour
s’intéresser à l’(in)humain et tenter d’en comprendre - avec
l’objectivité d’une femme de loi - les mécanismes fondamentaux. Si elle
emprunte à Musil son titre (‘L’Homme sans qualités’), c’est surtout
Camus que l’on lit entre les lignes : Ada se pose en juge pénitent des
temps déchus, elle est le miroir tendu à la sottise humaine. L’auteur
ne manque pas d’y ajouter sa vision de la théorie du chaos : chaque
infime détail contribuera à l’imminence du dénouement. Allégorique ?
Métaphorique ? Cynique ? Juli Zeh ne s’embarrasse pas de la
représentation et de la quête de sens. Elle montre, et c’est déjà bien
suffisant. La perfection existe le temps de la lecture de cette oeuvre
renversante, sublime, inoubliable. Espérons qu’elle fasse des émules."
jeudi 30 août 2007
LE LOUP - DESSIN DE MON AMIE VAL
Il fallait que je vous fasse voir ce dessin, crée par une amie chère !!
Quand Val ( c'est mon amie (lol)) m'a fait voir ce dessin, j'ai été ébahie, par tant de talent ! alors j'ai décidé de le partager avec vous. Je vous laisse donc admirer ce magnifique, sublime, merveilleux dessin.
et cerise sur le gâteau j'adooooore les loups.
Spendide ! Merci Val.
Vous pouvez voir d'autres dessins de Val ici :
mercredi 29 août 2007
LE RAPPORT DE BRODECK - PHILIPPE CLAUDEL
" Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
Moi je n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter
ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine
dans une nasse de fer.
Mais les autres m'ont forcé : "Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études." J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : " Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ca suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront.""
Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel
Editions Stock, 401 pages, Août 2007
Roman Contemporain.
Astrid de Larminat (Journaliste) : Au cours de l'année qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans un village de l'est de la France, la mécanique d'exclusion se remet en branle....D'un commun accord, les habitants ont tué un étranger arrivé chez eux quelques mois auparavant avec son âne, son cheval et un curieux carnet à dessin. Ils chargent l'un des leurs, un certain Brodeck qui n'a pas pris part au complot, de rédiger un rapport sur sa disparition afin de les disculper. Ce dernier s'éxécute mais se met à écrire en parallèle un autre récit : celui de sa propre arrestation et déportation....Un roman allégorique où l'on retrouve le talent de Claudel pour croquer des personnages, camper des scènes saisissante, raconter une histoire en ménageant un suspens. On pourra légitimement reprocher à l'auteur un certain nombre de platitudes qui entachent sa prose limpide; n'empêche, son livre a de l'envergure et résonne longtemps après qu'on l'a refermé."
Livre Hebdo ( J.C.Perrier) : "Philippe claudel a construit son histoire à rebours, avec virtuosité (....) " Le rapport de Brodeck" est un livre grave, puissant, inoubliable."
Le blog "les lectures de Caroline" donne son avis.
Mon avis : " Un village frontalier, où après la guerre " tout le monde est revenu en arrière", et où le narrateur, de retour d'un camp où il a été traité comme un chien, est chargé, par ses compatriotes, de rédiger "Le rapport de Brodeck", lui qui sait écrire, après " la chose qui s'est passée", à propos de " l'autre", l'étranger mis à mort...
Mais " les morts ne quittent jamais les vivants " et le héros de Philippe Claudel se rend compte que
" vivre, continuer à vivre,....c'est peut êre choisir une autre réalité lorsque celle que nous avons connu devient un poids insupportable ", comme le sont ses souvernirs.
Que ce soit sous la neige ou le grand soleil, une " étrange lumière" baigne le village et ses habitants dignes d'être peints par Jérôme Bosch.
La culpabilité et la punition sont les grands thèmes de cet ouvrage plus " gris ", une fois encore, que " noir " où les descriptions remarquables ajoutent à l'atmosphère irréelle et intemporelle."
lundi 27 août 2007
NO ET MOI - DELPHINE DE VIGAN
" Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle
connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur."
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes.
Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dontla solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n'est à l'abri....
No et moi, Delphine de Vigan.
Editions J.C.Lattès, 287 Pages, Août 2007
Roman Contemporain.
Dominique Guiou " Lou est une adolescente surdouée. Mais son Q.I. de 160 ne l'empêche pas d'être mal dans sa peau. A la compagnie de ses camarades de classe, qui l'ont aimablement surnommée " le cerveau", elle préfère celle de No, une jeune SDF qu'elle a rencontrée gare d'Austerlitz. Une étrange amitié se noue entre les deux jeunes filles que tout sépare.
Lou va tente, avec l'énergie de ses treize ans, de refuser le monde tel qu'il est. Et va tout mettre en oeuvre pour sortir No de la rue....
Cette histoire aurait pu sombrer dans le misérabilisme, mais Delphine de Vigan a évité cet écueil. Sans doute grâce au regard naïf et lucide que héroïne,plus vraiment une enfant mais pas encore une adulte, porte sur la violence qui nous entoure."
E.de B. "Lou Bertignac, fille unique de 13 ans, affichant un QI de 160, collectionne les mots, compare les étiquettes, la longueur des rouleaux de papier toilette....Alors que ses copines chattent, elle observe les gens, s'interroge sur ce qui ne tourne pas rond. Entre une mère dépressive et un père qui refuse cette réalité, Lou se sent mal aimée. Gare Austerlitz, elle rencontre No, SDF de 18 ans, et décide de faire un exposé sur les sans-abri. Elle convainc ses parents de l'héberger, mais peut-on sauver ceux que la vie a brisés?
La réussite de ce roman d'apprentissage signé Delphine de Vigan tient à l'esprit de cette jeune fille hypersensible qui se demande dans quel sens il faut tourner sa langue quand on embrasse un garçon. L'émotion naît de l'attente d'un signe d'attention maternel, de l'élan de tendresse envers No, de leur pacte d'amitié, et aussi du regard que cet enfant précoce pose sur les exclus.
L'art de dire les choses graves avec légèreté."
Livre Hebdo " Cédant parfois à une vision un peu romantique du monde de la rue, Delphine de Vigan montre toutefois avec délicatesse, cette honte d'être du bon côté, la culpabilité des privilégiés, l'inévitable déséquilibre de la relation (....).Son roman à la générosité de son personnage, sa naïveté quelquefois. Une bonté fraîche et sans prétention."
vendredi 24 août 2007
LA MEMOIRE FANTOME - FRANCK THILLIEZ
Une femme à bout de souffle court sous l'orage. Dans le creux de sa main, un message gravé en lettres
de sang : "Pr de retour". Elle pense être en février, nous sommes fin avril. Elle croit sa mère vivante, celle-ci s'est suicidée voilà trois ans dans un hôpital psychiatrique....
Quatre minutes. C'est pour elle la durée approximative d'un souvenir. Après, les mots, les sons, les visages....
tout disparaît.
Pourquoi ces traces de corde sur ses poignets? Que signifient ces scarifications, ces phrases inscrites dans
sa chair? Quel rapport entre cette jeune femme et les six victimes retrouvées scalpées et torturées quatre
années plus tôt?
Pour Lucie Henebelle, promue lieutenant à la brigade criminelle de Lille depuis l'affaire de la "chambre des morts", la soirée devait être tranquille. Elle deviendra vite le pire de ses cauchemars....Une lutte s'engage,
qui fera resurgir ses plus profonds démons.
La mémoire fantôme, Franck Thilliez
Editions Le Passage, 430 Pages, Août 2007
Roman Policier, Thriller.
La critique Evène ( Par Mikaël Demets) : Franck Thilliez est devenu, depuis deux ans, un des classiques de la rentrée littéraire. Après les claques de "La chambre des morts" - dont on retrouve ici l'héroïne - et de "La forêt des ombres", on craignait de s'habituer à son style, de ne plus se laisser prendre. Or nos craintes disparaissent immédiatement, remplacées par la crainte qu'insinue en nous la lecture de ce thriller terrifiant. Les cent trente premières pages, absolument haletantes, qui se déroulent presque en temps réel, illustrent cette faculté qu'a l'auteur nordiste de nous prendre en otage. Le rythme forcené ôte toute pause, donnant au récit une présence inégalable. Là ou beaucoup (trop)de romanciers vendent des polars sans saveur, ni style par caisses, Franck Thilliez fait admirer ses extraordinaires qualités de narrateur. D'abord c'est son écriture qui fait la différence. La tension qu'elle instaure, par son vocabulaire froid et précis, sa nuée d'adjectifs éprouvants et soigneusement choisis crée cette ambiance horrifique si particulière.
L'auteur à le chic pour explorer nos phobies les plus profondes afin de nous les rebalancer à la figure. Avec sa rigueur scientifique habituelle, il nous entraîne cette fois dans le monde sans repère ni logique des troubles de la mémoire. Avoir osé baser son intrigue sur un personnage qui perd la mémoire toutes les quatre minutes est un tour de force incroyable, tant la narration aurait pu devenir poussive, alors qu'elle est fluide et pleine de surprises. Jamais un personnage aussi difficile à exploiter n'a dû être mis en scène dans un thriller.
Le tout pour servir une histoire magnifiquement ficelée, où l'on est vraiment surpris par le(s) dénouement(s), ce qui fait toujours plaisir aux blasés du genre qui devinent le nom de l'assassin à la page 32....
jeudi 16 août 2007
DE RETOUR........
Voilà, c'est fini, les quelques jours de repos sont terminés..........bilan : repos, farniente.
Mon bilan lecture, la honte! j'ai pris avec moi l'Elégance du Hérisson et .....je ne l'ai pas terminé, j'ai abandonné ....je n'ai pas accroché du tout, je me suis forcée pourtant, je me suis dis allez hop! il va surement se passer quelque chose, c'est pas possible, vu le succès de ce livre ! Mais je n'ai pas pu, j'avais l'impression de perdre mon temps! alors je l'ai mis de côté et j'ai commencé " noyade interdite" de Amy Tan et ouf!! j'accroche, bon il est loin d'être terminé mais il me plaît bien ! je vous en reparle dès que possible.
Sinon tout va bien, vivement la reprise du rythme, vivement la rentrée avec toutes les belles découvertes littéraires!
ET SURTOUT UN GRAND MERCI POUR TOUS VOS MESSAGES.
samedi 4 août 2007
EN PAUSE......
Voilà à mon tour de faire une petite pause, quelques jours de congés ça ne se refuse pas !
Oh! pas bien longtemps....
Je vous dis donc à très bientôt, portez vous bien, bonnes vacances pour certains et bonnes reprises à d'autres.





